Colloque international et transdisciplinaire “Sortir de l’ombre”

26 au 27 mai 2025, École Normale Supérieure de Libreville-Gabon

Actes du Colloque du GRALIFAH – 2025

DOI :  https://doi.org/10.21246/gralifahn3vol1dec2025

GRALIFAH  SPECIAL N°3, Vol.1   2025 [SOMMAIRE]

NUMÉRO SPECIAL N°3, Vol.1 – DECEMBRE 2025

GRALIFAH SPECIAL N°3, Vol.1   2025 [MONOGRAPHIE]

EDITORIAL DU NUMERO

Sortir de l’ombre, exhumer, dévoiler ce qui est caché, mettre en lumière ce qui est enfoui. Tel était l’objectif du troisième Colloque international et pluridisciplinaire du Groupe de Recherche en Littérature d’expression Française, Anglophone et Hispanique (GRALIFAH), qui s’est tenu les 26 et 27 mai 2025 à l’École normale supérieure de Libreville, au Gabon. En ces temps où la visibilité littéraire, artistique, historique, politique et scientifique est plus que jamais essentielle, ce colloque vient nous rappeler, si besoin était, la nécessité de sortir de l’ombre. Il s’agit là d’un fait d’actualité, au regard de la diversité des intervenants et de la richesse des échanges qui ont nourri ces journées de réflexion. De fait, les articles rassemblés dans le présent volume ont tous reçu un avis favorable. Les différentes contributions ont été réparties en cinq sections.

La section 1 s’ouvre sur la conférence inaugurale, « Jeu des ensembles : la doublexité et ses connexions à la théorie des nombres », animée par le professeur Pierre NDEMBY MANFOUMBY. Cette intervention nous rappelle que sortir de l’ombre, c’est se faire connaître en mettant sur pied de nouvelles théories, telles que celles de la doublexité et de la mathésémiotique. C’est aussi être reconnu dans sa discipline et cela passe nécessairement par la formation et l’encadrement des disciples aptes à prendre le relai des recherches entamées par leur maître. Orphée GORE met en lumière les enjeux esthétiques, psychiques et politiques qui révèlent un trauma, marque silencieuse mais persistante dans les œuvres de Patrick Modiano et d’Annie Ernaux. Rêve Eva NFOUMEZOCK EDOU ABESSOLO ép. OBIANG NGUEMA exhume le tabou de la vieillesse dans la littérature française, thème encore peu exploité, alors même que Noëlle Châtelet dans La Dame en bleu la conçoit comme une période de bonheur. Joëlle Fabiola NSA NDO montre comment Angèle, personnage nommé mais toujours absent, se construit autour d’une poétique de l’effacement, portant ainsi « l’emblème » d’une littérature réflexive qui contemple son propre processus d’écriture. La mise à l’ombre, volonté de puissance parfois discrète permettant de transformer un malheur en merveille, constitue la thématique abordée par Marina Myriam ONDO, à travers ce qu’elle appelle la poétique du silence, fondée sur la retenue et l’ombre. Laude NGADI MAÏSSA interroge la place des écrivains africains subsahariens d’expression française dans le palmarès de la littérature mondiale. Subséquemment, la reconnaissance de quelques écrivains africains subsahariens découlerait de données subjectives, telles que l’influence de la critique ou des médias, l’obtention des prix littéraires occidentaux et la traduction de leurs œuvres. Emma Flore MEZOCK-ASSEH pose le problème du manque de visibilité de la littérature africaine et le relie aux thématiques qui y sont abordées. Elle plaide ainsi pour une ouverture vers une mondialisation de la littérature africaine à travers une diversification thématique. Serge Arnaud KOUAME AKA et Amidou SANOGO mettent en évidence le caractère revendicatif du silence dans la lutte pour les droits de la femme africaine, tout en insistant sur son ambivalence fondée sur des éléments langagiers et non langagiers. Gontran ZUKUE ONDO montre comment, à travers une réécriture de l’histoire en tenant compte des versions occultées ou dérangeantes, la littérature peut contribuer à rendre justice à l’Histoire. Rolph Roderick KOUMBA exhume un pan sombre de la traite négrière, très peu documenté : celui des endeuillés, ces victimes ayant perdu des êtres chers. Andersia Slone ONGNEGUE ONDOMBO analyse l’architecture comme vecteur de mémoire, de critique et d’affirmation identitaire, en interrogeant les liens entre mémoire collective, pouvoir politique et identité culturelle, afin d’exhumer les traumatismes historiques africains. Renée Arielle BIBALOU DIYEMA explore le roman Maïmouna d’Abdoulaye Sadji et en propose une reconstruction du sens à partir de la satire comme mode de représentation, montrant comment la tradition participe au discours satirique de l’œuvre. À travers une lecture critique de L’Intérieur de la nuit de Léonora Miano, Serge ELLA ONDO met en exergue les représentations de la lumière, montrant que la quête de la lumière et la quête identitaire sont intrinsèquement liées et contribuent à la construction d’un avenir fondé sur le vivre-ensemble. Judicaël GNANGUI expose les difficultés auxquelles se heurtent les jeunes écrivains (Estimé Mbagou et André Zoula) pour diffuser leurs œuvres, notamment le coût élevé des ouvrages et la faible accessibilité aux maisons d’édition. Gredora POUGUETIGA FOUROU interroge la symbolique de l’ombre sociale dans La mouche et la glue, afin de montrer comment le récit construit un discours critique et esthétique autour du mal et de la sorcellerie. Will’s Ulrich Confi MORO NGOMO revisite le mythe d’Orphée, non dans une perspective de réécriture, mais pour exhumer le vécu sociohistorique gabonais. Ornela Diane MENGUE aborde l’émancipation des « sans-voix », qui passe par la reconnaissance de leurs droits et de leur dignité. Rodrigue BOULINGUI présente la fiction narrative d’Alain Mabanckou dans Le Commerce des Allongés en mettant en relief des personnages qui, pour sortir de l’ombre, s’adonnent à des sacrifices odieux. À partir des textes, Le Baobab Fou de Ken Bugul, Le Dieu perdu dans l’herbe de Gaston-Paul Effa et Tout-Monde d’Édouard Glissant, Ismaël MFOSSI GHAKOUPEN fait ressortir la réappropriation de l’identité africaine par la connaissance des savoirs endogènes. Nadège ZANG BIYOGHE vise une réhabilitation de l’origine africaine de certains personnages bibliques à travers l’analyse de leurs caractéristiques physiques et symboliques dans les textes sacrés. Pingdewindé ISSIAKA TIENDREBEOGO montre comment l’absence de réédition de certaines œuvres (cas de Sansoa de Pierre K. Dabiré) contribue à leur disparition progressive. Camille Dorian NZAOU NYAMA oppose la faiblesse symbolique et esthétique du cinéma gabonais à l’hégémonie des productions cinématographiques britanniques, à travers une étude comparée de la série Sex Education et de plusieurs films gabonais, afin d’expliquer le manque de visibilité et la difficulté d’émergence de représentations culturelles fortes, légitimes et durables. Liliane Surprise OKOME ENGOUANG et Dochienmè Mathieu BAMBA analysent la traduction comme facteur de visibilité des œuvres issues des espaces africains hispanophones et francophones historiquement marginalisés. Axée sur la Guinée équatoriale, le Gabon et la Côte d’Ivoire, leur étude explore le rôle de la traduction dans la projection internationale des romans et des pièces de théâtre, tout en remettant en question la dynamique centre/périphérie. Pour Mexcin EBANE, il est urgent que le ministère de l’Éducation nationale s’investisse davantage dans la valorisation de la culture gabonaise, à travers l’élaboration de curricula de formation conformes à la Constitution, aux lois et aux textes officiels régissant l’enseignement et la formation. Clarisse Maryse MIMBUIH M’ELLA s’intéresse à l’exclusion des femmes des hautes fonctions sacerdotales dans l’église catholique, en interrogeant les fondements théologiques, historiques et socioculturels de ce monopole masculin, malgré une féminisation croissante des engagements ecclésiaux. Cyriaque S. AKOMO ZOGHE exhume les mémoires occultées des héros africains de l’abolition de l’esclavage en Amérique latine, dans une démarche de restitution de la vérité historique. Chancelvie EMBINGA-MPIGA et Elisabeth OYANE MEGNIER analysent quant à elles, l’invisibilisation des pratiques socioculturelles et politiques des Afro-Uruguayens à travers une vision eurocentrée, mettant en lumière leurs luttes contre l’injustice, le racisme et l’effacement mémoriel. Enfin, Gélase KOUMBA clôt cette section en réactivant la mémoire littéraire autour d’un personnage historique cubain oublié : le mulâtre Antonio Maceo.

La section 2, consacrée à la linguistique, à la didactique des langues et aux sciences de l’éducation, s’ouvre sur une contribution de Liza Gladys BOUKANDOU KOMBILA et Stéphanie MESSAKIMOVE ép. STEINER. Dans celle-ci, les auteures interrogent les mécanismes d’invisibilisation de la linguistique espagnole au sein du département d’espagnol de l’École normale supérieure de Libreville. Elles montrent en effet que les plans de formation, les représentations pédagogiques et les dynamiques institutionnelles tendent à marginaliser cette discipline, pourtant fondamentale dans l’enseignement-apprentissage de l’espagnol langue étrangère. Wouarène Merlot MBANDA pose, quant à lui, le problème de la faisabilité de la décolonisation des savoirs. Selon l’auteur, cette décolonisation passerait nécessairement par une contextualisation de l’enseignement-apprentissage de l’espagnol langue étrangère au Gabon. Hawa AL’HASSANE et Elza KOGOU NZAMBA mettent en évidence l’importance de la prise en compte de la variation linguistique plurilingue dans le processus de formation des enseignants de français au Gabon, soulignant ainsi les enjeux pédagogiques et sociolinguistiques liés à la diversité des pratiques langagières. Mexcent ZUE ELIBIYO explore la sortie de l’ombre des langues gabonaises grâce à la présentation du journal télévisé en langues nationales en vue d’un réaménagement des politiques linguistiques. Pour une amélioration des pratiques professionnelles, LAHMIDI EL Mostafa et OKHAYA Latifa se sont appesantis sur une nouvelle éthique enseignante basée sur le développement de l’estime de soi et la liberté de l’élève.

La section 3, consacrée à la philosophie, est introduite par Fanny MBOUI NGUEMA, qui rappelle l’importance de la langue maternelle dans le processus de cohésion sociale et dans la construction du lien communautaire. Henri Joël DEGUE et Eustache Roger Koffi ADANHOUNME établissent un corollaire entre la part d’ombre de l’homme politique, la notion de pouvoir et les fondements de la philosophie morale et politique, mettant en lumière les tensions éthiques inhérentes à l’exercice du pouvoir. Symphorien NGUEMA EZEMA montre comment la double communauté platonicienne est déconstruite par Marx et Engels, tout en interrogeant les implications de ces développements dans la pensée communiste des XIXᵉ et XXᵉ siècles, ainsi que la rupture intellectuelle et idéologique qui en a découlé

La section 4, intitulée « Histoire des relations internationales », est introduite par la contribution d’Ahmed BIGNOUMBA MBOUZEL, qui éclaire sur l’apport arabo-musulman au développement des sciences, notamment dans le domaine des mathématiques. Cette contribution participe ainsi à la revalorisation de savoirs longtemps marginalisés dans l’historiographie dominante et à une relecture critique de l’histoire des sciences.

La section 5, consacrée à l’économie est composée de la contribution de Stevy Verlyse ADA ONDO qui interroge l’économie formelle en tant que frein au développement. Selon l’auteure, l’économie informelle, par son ampleur et son poids structurel, entrave le développement économique de la zone CEMAC et pèse considérablement sur les efforts de croissance inclusive et durable.

SOMMAIRE

SECTION 1. LITTERATURES, TRADUCTIONS ET CIVILISATIONS

     SECTION 2  LINGUISTIQUE, DIDACTIQUE DES LANGUES ET SCIENCES DE L’EDUCATION

     SECTION 3  PHILOSOPHIE  

     SECTION 4  HISTOIRE  DES RELATIONS INTERNATIONALES

     SECTION 5 ECONOMIE