NUMÉRO SPÉCIAL N°002, VOLUME 2 – DÉCEMBRE 2024

GRALIFAH N°002, VOLUME 2-DECEMBRE 2024 [SOMMAIRE ]

GRALIFAH N°002, VOLUME 2-DECEMBRE 2024 

GRALIFAH N°002, VOLUME 2-DECEMBRE 2024 [MONOGRAPHIE]

« Les savoirs ancestraux : transmission et sauvegarde », 

École Normale Supérieure, Libreville – Gabon/ du 28 au 29 mars 2024.

https://doi.org/10.21246/gralifahn2vol2dec2024

EDITORIAL DU NUMERO

Le présent volume découle du deuxième colloque international et pluridisciplinaire organisé par le Groupe de recherche en art, littératures d’expression française, anglaise et hispanique (GRALIFAH). Ledit colloque s’est déroulé les 28 et 29 mars 2024 à l’Ecole Normale Supérieure de Libreville au Gabon et portait sur « Les savoirs ancestraux : transmission et sauvegarde ». Cet évènement scientifique d’envergure a réuni plus de soixante-dix enseignants-chercheurs et chercheurs du « Tout-monde » (E. Glissant) afin de réfléchir sur les modalités de transmission et de préservation des valeurs ancestrales menacées par une modernité écrasante qui tend à les condamner à « la chronique d’une mort annoncée » (G.G. Márquez). Ce deuxième volume des actes dudit colloque contient dix-sept (17) contributions réunies en deux sections.

Intitulée « Littératures, langues et arts », la première section est composée de douze (12) articles. Dans le premier texte de cette section intitulée « Transfert culturel et transmission des savoirs écologiques dans Le chercheur d’or de J.M.G Le Clézio », Davy MOUSSAVOU PAMBOU se fixe pour ambition de reconsidérer l’humain comme partie intégrante du non-humain par le décentrement de la pensée occidentale. Il prévoie, de ce fait, une médiation entre la littérature et la nature, en concevant cette dernière à travers des aspects génériques.

L’article de Paule Dorolle-Yélèna NTSAME, « Les savoirs ancestraux des fictions africaines écologiques, une ontologie de la restauration environnementale », souligne une résurgence du débat écologique qui se lit notamment dans le désir de restaurer les savoirs abandonnés et de communier avec la nature. En clair, elle considère les valeurs ancestrales comme point d’équilibre entre l’Homme et son environnement.

« Transmission des savoirs ancestraux pour la construction du Grand Œuvre » de Marina Myriam ONDO est un appel à une culture de l’excellence et à la polyvalence des compétences qui tendent à se perdre bien qu’il subsiste des foyers de résistance qui ont su jusqu’à nos jours conserver, par souci de transmission, des savoirs ancestraux hérités des Anciens. À partir de quelques œuvres littéraires, elle démontre comment les associations d’ouvriers ont constitué une courroie de transmission des savoirs et savoir-faire ancestraux.

À travers le texte « Enfant, lignage et sauvegarde de la tradition ancestrale dans le roman africain subsaharien », Judicaël GNANGUI pointe la reconnaissance des doctrines, partant du postulat selon lequel, la culture africaine met en exergue un ensemble d’outils linguistiques et techniques permettant de transmettre les grandes valeurs de la communauté aux générations futures.

Par « La figurativité du masque Okuyi dans Au bout du silence de Laurent Owondo », Nesta ANGHILE MADOLA et Noël Bertrand BOUNDZANGA font remarquer qu’en Afrique, le port du masque traditionnel a une portée spirituelle profonde. C’est à ce titre que leur étude, d’intérêt socio-culturel avéré, se charge de montrer comment des initiés accèdent à la connaissance d’un autre monde avec l’aide des ancêtres.

Ayant conjointement planché sur « La transmission des savoirs médicinaux traditionnels dans la littérature gabonaise », Barbara MEKUI ME ONDO  

et Heméry-Hervais SIMA EYI s’intéressent à la littérature gabonaise, particulièrement aux textes, Le pacte d’Afia de Maurice Okoumba Nkoghe et Le choix de nos ancêtres de Thierry Afane Otsaga, Le temps des passations de Hasse Nziengui qui valorisent des guérisseurs et d’autres personnages détenteurs de pouvoirs et de savoirs endogènes. Leur ambition est de démontrer comment les tradi-praticiens et autres traditionalistes usent de leur savoir afin de suppléer la médecine occidentale.

« L’oralité comme source de renouvellement esthétique de savoirs ancestraux dans Les Méduses et Les Phalènes de Tchicaya U Tam’si » de Victor ESSONO ELLA revient sur la présence de l’oralité dans la scripturalité liée aux formes d’écriture marquant une rupture, plus ou moins brutale, avec certains canons esthétiques rigides. Cette étude s’appuie sur la pensée de Georges Ngal qui considère cette « rupture » comme moteur de la création littéraire africaine et consiste à comprendre comment l’oralité peut constituer une source de renouvellement esthétique.

Par le titre « Art cinématographique gabonais et préservation des savoirs endogènes : Le cas de Obali de Pierre Marie Dong », Hilaire NDZANG NYANGONE questionne le lien étroit existant entre l’art cinématographique et la société qui le produit et dont il tente de reproduire certaines caractéristiques essentielles. Partant du cas spécifique du film Obali de Pierre Marie Dong qui est un véritable plaidoyer pour la transmission et la préservation des valeurs ancestrales gabonaises, l’auteur considère le film africain comme un puissant vecteur de diffusion et de préservation des traditions.

Dans « La généalogie comme ancrage de l’ancestralité chez les Afrocolombiens et les Fang », Cyriaque Simon-Pierre AKOMO-ZOGHE affirme que grâce à la déclamation de la généalogie, les alliances se consolident entre les Vivants et les Morts en Colombie ainsi qu’en Afrique Centrale. Par ses recherches, il démontre que la généalogie constitue, par la remémoration des Ancêtres, une forme de préservation du lignage et de l’identité.

« Les médias du milieu traditionnel gùn » d’Ismaël Adédiran ADJIBODOU est une étude sur les médias du milieu traditionnel ɡùn (Porto-Novo, Bénin). Son objectif est de conserver, à partir d’un effort de description, ces médias en voie de disparition. Il s’agit en clair, de les sauvegarder en vue de les transmettre à la postérité, de décrire leur mode de fonctionnement à des fins de diffusion massive de l’information.

La contribution « Transmission et sauvegarde des pouvoirs ancestraux dans la désignation du Chef du village en pays Akyé Gnan de Côte d’Ivoire » d’Adiko Jean-Michel ANOUMAN fait de la transmission et la sauvegarde des pouvoirs ancestraux, un enjeu majeur pour les peuples autochtones. Partant de l’exemple du pays Akye Gnan, groupe ethnique issu du groupe Akan, l’auteur démontre que la désignation du chef du village est un processus complexe qui vise à garantir la continuité des traditions et l’autorité du chef. Grâce à différentes pratiques, les pouvoirs ancestraux sont transmis et sauvegardés de génération en génération, ce qui contribue à la préservation de la culture et de l’identité du peuple Akye Gnan.

La dernière contribution de cette première section « Les chants du kafouho entre initiation et transmission générationnelle chez les Sénoufos de Côte d’Ivoire » de Bassirima KONE, affirme que le Kafouho marque chez les Sénoufos de Côte d’Ivoire, la fin de l’initiation au Poro et la sortie des Tcholobélé des bois sacrés. Les chants exécutés par les initiés retracent les péripéties vécues durant les sept années de formation. L’étude s’appuie sur une méthode d’observation directe permettant de comprendre un pan de la société sénoufo consacré à la transmission des chants du Kafouho de générations en générations.

Intitulée « Anthropologie, histoire et archéologie », la deuxième section de ce volume contient cinq (5) contributions. Intitulé « Le dipri chez les Abidji de Côte d’Ivoire : entre démonstration de pouvoirs mystiques et valorisation de l’art culinaire » de Jean-Jacques ESSOH et Mamadou YEO, le premier article de cette deuxième section se penche particulièrement sur le peuple Abidji, localisé au nord-est de la Côte d’Ivoire, dont le souci est de conserver leur tradition et de transmettre les savoirs ancestraux aux générations montantes. Les auteurs démontrent que le rite du Dipri a un caractère ancestral, sacré et est un creuset de transmission de valeurs culturelles aux jeunes abidji.

Le texte « Agriculture et production des savoirs chez les Punu du Gabon : Transmission et sauvegarde » de Sosthène IBOUANGA part du constat selon lequel, avec une pluviométrie abondante et des terres arables, le Gabon dispose d’atouts naturels indéniables pour l’activité agricole. Au-delà de cet aspect productif et utilitariste, l’auteur considère l’agriculture comme un média de construction, de production et de transmission des savoirs traditionnels pour les populations locales. Il fonde sa réflexion sur la pratique de l’agriculture chez les peuples Punu du Gabon en interrogeant la façon dont les femmes de ce groupe ethnique construisent les savoirs traditionnels agricoles.

« Le N’gôhiman et ses enjeux en pays kôdè de 1740 à nos jours » de Laurent Kouadio AKOUMIA est une réflexion complexe sur les croyances religieuses en pays Kôdè. Cette étude spécifique au sous-groupe Baoulé-Kôdê s’appesantit sur la pérennisation et la fonction du N’gôhiman dans cette société Baoulé. La préoccupation majeure est de savoir : comment cet objet a été pérennisé et quelles fonctions il revêt dans la société Kôdè. Il s’agit pour l’auteur de montrer l’origine et les composantes du N’gôhiman en pays Kôdè, puis de démontrer la pérennisation de cet objet et enfin déterminer ses fonctions dans cette société animiste.

À travers « Le retour des ancêtres. Les traditions au rendez-vous de la modernisation des sociétés africaines », Frank Arthur NOAH MESSI argue que la marginalisation des cultures traditionnelles africaines est la conséquence des siècles de violence. Pour lui, l’une des caractéristiques de l’aliénation du sujet africain contemporain est effectivement de considérer qu’elles sont la cause fondamentale de la crise et de la confusion des sociétés africaines.

Pour terminer, la contribution « La « mise en quarantaine » dans les chefferies bamiléké de l’Ouest-Cameroun (XIXe-XXe siècle) et la promotion de la paix : un savoir endogène à préserver » de Chamberlain NENKAM tient du constat selon lequel la culture peine encore à être considérée comme un facteur nécessaire pour le développement d’une société dans les pays africains. C’est dans cette perspective qu’il se penche sur le rapport entre la culture, la paix et le développement dans les chefferies bamiléké à travers la « mise en quarantaine ».

SOMMAIRE

SECTION 1  Littératures, langues et arts

SECTION 2 Anthropologie, histoire et archéologie